Le tiers-lieu agricole : un modèle novateur pour s’installer en agriculture ?

Un article sur Agri79, merci à Philippe Bidet qui a participé au lancement.

http://www.agri79.fr/actualites/le-tiers-lieu-agricole-un-modele-novateur-pour-s-installer-en-agriculture:FWFPTKM7.html

Le cofarming, version coworking des milieux urbains, qualifié aussi de tiers- lieu, est un autre modèle auquel réfléchissent Hilaire et Geneviève Herbert, agriculteurs à Marnes, en vue de transmettre leur exploitation.

Geneviève et Hilaire Herbert, dans leur ferme, au lieu-dit  Le Moulin de Retournay.
Geneviève et Hilaire Herbert, dans leur ferme, au lieu-dit Le Moulin de Retournay. – © P.B.

Le concept de tiers-lieu consiste à exercer son activité professionnelle de façon collective et collaborative dans des espaces de travail partagés. Il s’agit de faciliter l’installation, la solidarité professionnelle et aussi la convivialité. Il existe 186 tiers-lieux en Nouvelle Aquitaine, dont dix en Deux-Sèvres, regroupés dans la SIC « La coopérative des tiers-lieux ».

Un modèle transférable en agriculture ? C’est le projet que travaillent depuis deux ans Geneviève et Hilaire Herbert, dans leur ferme au lieu-dit Le Moulin de Retournay. Hilaire y a exercé son activité en production porcine et en céréales sur 43 ha, puis de fabrication d’aliment du bétail. L’ancienne minoterie dispose d’un bâti de caractère et d’un étang propice à l’irrigation pour la culture légumière par exemple. Arrivant à la retraite, le couple souhaite aussi faciliter l’installation par la mise à disposition des terres.

Ils sont aidés dans leur démarche par Lucile Aigron, la co-gérante de la SIC et par Agrobio Poitou-Charentes. Le 25 janvier ils ont convié un groupe de réflexion « pour avoir un retour sur la démarche », précise Hilaire Herbert. L’idée est de proposer leur ferme à des candidats à l’installation en début d’année. Le descriptif de l’outil est consultable sur un site dédié. Si le projet est ouvert, la conversion en agriculture biologique est déjà engagée et, Hilaire et Geneviève sont très attachés à une démarche agro-écologique. L’exploitation dispose, selon eux, d’un potentiel pour plusieurs candidats à la fois, avec des activités complémentaires. C’est l’esprit du tiers-lieu agricole.

La formule est séduisante. En effet, l’isolement professionnel, malgré le travail en commun, est souvent pointé par les agriculteurs dans l’exercice quotidien du métier. Mais la démarche d’Hilaire et Geneviève Herbert est aussi très pragmatique : un calendrier allant du dépôt des dossiers des candidats, leur étude et leur discussion à des installations prévues pour 2019 et 2020.

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Premières visites !


La diffusion de l’appel à projet est en cours ! Les délais étaient un peu courts et les visites vont donc se poursuivre tout le mois. Grâce au réseau de la Coopérative des Tiers lieux et de Lucile Aigron, nous avons accueilli hier 4 jeunes hommes pour 3 projets très différents. Les projets étaient très contrastés, ce qui a nous a permis d’ouvrir sur différents possibles.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA– D’abord Pierre, un jeune agriculteur qui travaille pour son père à Ligaine et qui souhaite s’installer. Il accompagne son père à la reconversion en Bio de sa ferme de grande culture (déjà plus de 50% reconvertie) depuis sa sortie d’études et est actuellement salarié de cette exploitation. Il cherche des terres en fermage pour permettre son installation. Les terres de Saint-Généroux l’intéressent particulièrement et trouve intéressante ce lien vers un projet plus collectif. Il trouve Retournay idéal pour installation maraîchage et légumes de plein champ ou pour des récoltes spécialisées (avec les 10 hectares autour) – mais ce n’est pas son projet !

– Ensuite un collectif d’au moins 5 personnes qui se sont rencontrés lors du Fermes d’avenir tour l’an dernier, un événement qui tentait de promouvoir et de mettre en valeur l’agriculture écologique de demain. Ils sont depuis en réflexion sur une installation collective. Ces trentenaires ont tous eu des activités préalables et ont des envies plutôt précises qu’ils avancent en se formant. Ce qui est intéressant c’est que ce collectif rapproche l’agriculture d’autres activités. Ils souhaitent travailler le lien entre culture, agriculture et cuisine avec des ateliers de transformation et des espaces de convivialité. En terme d’activités agricoles, ils veulent se lancer dans l’élevage de poules sous verger, le maraîchage, l’agroforesterie… Ils sont tous intéressés par les aspects événementiels. Ce groupe encore en constitution est intéressé par l’appel à projets mais semble se diriger d’avantage vers un achat collectif. On sent un projet exponentiel qui doit pouvoir s’étendre… Par contre ce type d’installation d’activités hybrides, semble se développer et on voit bien que ce binôme comprenait tout à fait l’esprit collectif du projet, le potentiel global du site (avec bureau, gite…), les possibles liens sur le territoire..

– Le troisième est originaire de Moncontour. Il avait rencontré Mélissa, une collège de Lucile au lycée du Futuroscope et s’est dirigé vers le maraîchage. Il multiplie les expériences chez des maraichers bios très différents et aimerait à terme s’installer, à plusieurs. C’est un peu tôt pour lui mais il dit que c’est le genre d’opportunité qui pourrait accélérer son choix. Un garçon très sympathique qui pointe les atouts du site : peu de mise en danger, un projet collectif ouvert – qui ne fait pas se marier a long terme avec un seul collègue, un site avec du potentiel agricole… Pour lui le fait de ne pas habiter forcement sur le site est plutôt un atout car il ne souhaite pas mélanger tout. Par contre il se questionne sur son envie d’un retour aux sources et n’a pas forcément les collègues disposés à le rejoindre… la réflexion se poursuit.

Ces rencontres ont été très intéressantes et les visites conviviales ; elles ont ouvert des possibles. Les visites se poursuivent dès lundi ! Nous devons aussi accueillir Terre de lien et l’association Champ du partage qui pourraient être de vrais conseillers et supports.