Résidence #1 – Principes d’intervention

Envois des paysagistes : les intentions pour cette résidence.

EXPÉRIMENTATIONS DES RESSOURCES DESSINÉES ET JARDINÉES

Les mains dans la terre : intervenir, jardiner, tester pour nourrir la réflexion, donner une impulsion, montrer qu’une transformation est en marche. Mise en place d’expérimentations pendant la résidence. Chantier continu de jardinage sur les terrains du domaine. Parcelle visée : en face du gîte, espace-pilote pour une transition agro-écologique du Moulin de Retournay. Lieu ouvert sur l’«extérieur» (la route, la plaine), espace d’accueil et d’échange, entre le gîte et les bureaux de l’association.

1/ COMPOST & ENGRAIS VERT
Partir du compost pour penser le jardin implique immédiatement de s’inscrire dans une dynamique systémique vertueuse. Comment rendre au sol ce qu’on lui prend pour nos fines bouches ? Penser le compost (lieu riche et vivant) comme le centre de l’activité jardinière et agricole change les regards et renverse certaines valeurs culturelles. Proposer de s’installer à côté du compost pour lire son bouquin invite à considérer à chaque fois ses bienfaits, ses arômes et sa chaleur. Dehors, le compost est notre foyer.
> Où le placer ? tracer le dessin du jardin à partir de sa position ; penser à l’aisance qui l’accompagne: les outils, les parois de bois, les assises…
> Comment l’enrichir? déterminer les points-ressource (vieux troncs, feuillage, fumier…)
> Quoi enrichir ? des parcelles expérimentales.
Piqueter, labourer, semer d’engrais vert des petites parcelles-test (1×2; 1×4; 2x3m…) qui viennent témoigner d’une réflexion sur la fertilisation et l’écologie des sols, les savoirs ancestraux, les expérimentations contemporaines. Moutarde, phacélie, trèfle, sainfoin, avoine, seigle, etc, couvrent, ameublissent, enrichissent le sol, attirent des pollinisateurs selon leur floraison, servent de paillage, nourrissent le compost. Ces expérimentations à l’échelle jardinière interpellent sur l’usage agricole.

2/ CÉRÉALES
Production témoin et réintroduction de la chaîne gastronomique par le semi d’une parcelle de blé. Retour contemporain sur l’histoire de Retournay : meunerie. Qui dit blé dit pain. Découvrir et associer un artisan-boulanger pour le lien de la céréale à la consommation humaine. Réflexion sur le choix de l’espèce de blé : ancien ? rustique ? Quelle technique de mouture ? Quelle cuisson ? Le labour & semi de la parcelle de blé peut être fait à l’occasion du rdv festif final. Passage du tracteur. Retrouver l’aspect collectif des travaux agricoles et les gestes perdus. Semer à la volée.

3/ RÉSEAU HYDRAULIQUE ET PLANTATIONS FORESTIÈRES
Le travail d’expérimentation se poursuit sur la gestion forestière et les zones humides, lieux de fertilité et de foisonnements, pour interpeller et questionner le rôle des plantations forestières et le rapport à l’eau à l’échelle territoriale. Des zones herbeuses, buissonnantes ou boisées seront «mises en défens». La mise en défens selon différentes techniques (barrière, plantation, plessage…) déclare laisser-faire les choses, privilégiant l’observation avant l’intervention. En parallèle, une réflexion autour de l’accès à l’eau et sur le maintien des berges des fossés et canaux sera menée:
> Plantation en saulaie pour proposer une zone test de maintien des berges (face au problème des ragondins?). La saulaie propose une production de rameaux, ressource pour le compost ou en BRF.
> Proposition d’un accès à l’eau par des éléments de mobilier simples : emmarchement, piquet, plateforme, assise…
Un contact du Syndicat des eaux ou d’une association de chantier de restauration des berges serait à envisager pour développer la réflexion.

Le résultat des expérimentations seront inscrites sur le PLAN DU MOULIN. Elles lancent des perspectives. Nous proposerons un calendrier des rdvs & travaux à poursuivre selon différentes échelles de temps, une sorte de «programme» pour les mois et années suivantes pour faire vivre Retournay et porter les ambitions d’une transition agricole du lieu.”

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